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Enera : un accompagnement expert face au défi énergétique


Publié le Mardi 21 Avril 2026 à 15:19



Sous l’effet de la hausse durable des prix de l’énergie et du renforcement des exigences réglementaires, les EHPAD font face à une équation de plus en plus complexe : concilier impératifs budgétaires, qualité de service et performance énergétique. Dans ce contexte, le bureau d’études spécialisé Enera les accompagne avec des solutions d’optimisation modulables et pragmatiques, comme nous l’expliquent Cyril Tomezyk, responsable commercial du segment médico-social, et Maxence Chevalier, ingénieur en efficacité énergétique.




Pourriez-vous, pour commencer, nous présenter Enera et son positionnement auprès des EHPAD ?

Cyril Tomezyk : Enera est un bureau d’études techniques spécialisé dans la rénovation énergétique, qui fête ses 20 ans cette année. Depuis cinq ans, nous observons une forte croissance sur le secteur tertiaire, notamment les EHPAD où nous sommes intervenus dès la crise énergétique de 2022. À l’époque, l’énergie n’était pas perçue comme stratégique : les directions se concentraient sur l’accueil des résidents et la qualité de service. La hausse des tarifs a changé la donne, rendant cruciale la maîtrise des consommations pour garantir la pérennité des établissements.

Maxence Chevalier : Nous couvrons l’ensemble des besoins liés aux enjeux d’un bâtiment plus durable et performant : maîtrise d’œuvre, assistance à maîtrise d’ouvrage, conseil et ingénierie, suivi des exploitations techniques, mise en conformité réglementaire… Les EHPAD ont des spécificités fortes, avec un taux d’occupation quasi permanent et une exigence élevée de confort. Sur l’accompagnement en energy management, nous les aidons donc à concilier continuité de service et économies d’énergie, avec une approche qui vise d’abord à tirer le meilleur de l’existant. Concrètement, il s’agit d’analyser les pratiques, de définir un plan d’action et de suivre son application pour éviter les dérives et permettre, a minima, d’assurer le respect des obligations réglementaires à venir.

Justement, quels types de dérives observez-vous sur le terrain ?

Cyril Tomezyk : Elles concernent souvent le confort des résidents. Par exemple, certains couloirs peuvent être chauffés à 25 °C en hiver. Une baisse de 2 °C est possible sans perte de confort, tout en générant des économies significatives. Les installations techniques, souvent réglées avec des marges de sécurité trop importantes, entraînent également des surconsommations. Ces réglages peuvent être optimisés rapidement : dans un EHPAD au nord de Nantes, deux simples modifications en chaufferie ont permis 20 % d’économies, sans impact sur la qualité de vie.

Maxence Chevalier : Notre service peut à la fois intervenir sur les installations existantes et en amont des projets, pour faire les bons choix techniques dès le départ : les dérives générées par un surdimensionnement ou une mauvaise conception des équipements sont plus difficiles à corriger en cours de route. Notre expertise repose sur une vision intégrée, combinant performance énergétique, approche en coût global et qualité de service auprès des utilisateurs. Les directeurs d’EHPAD, souvent très sollicités, ne peuvent pas maîtriser tous ces sujets, d’autant que la réglementation est complexe (décret tertiaire, BACS, adaptation au changement climatique…) et que les équipes techniques ne sont pas toujours formées à une approche plus holistique.

Quelles sont les principales exigences du décret tertiaire pour les EHPAD ?

Cyril Tomezyk : Le décret tertiaire marque un tournant en fixant des objectifs de résultats : -40 % de consommation d’ici 2030, et -60 % d’ici 2050. Les investissements lourds n’étant pas toujours possibles dans les EHPAD, nous privilégions des actions plus simples. L’audit CVC est souvent le point de départ ; accompagné par un energy manager, il permet d’identifier les priorités et de définir une trajectoire d’investissement cohérente. Un établissement au budget contraint peut ainsi progresser par étapes et financer les actions suivantes grâce aux économies générées, créant un cercle vertueux vers les objectifs de 2050. Dans la plupart des cas, la mission de management énergétique est d’ailleurs rentabilisée dès la première année.

Maxence Chevalier : Certaines obligations nécessitent toutefois des investissements incompressibles. Notre approche consiste à en tirer le meilleur parti dans une logique de résultat, en mobilisant si nécessaire plusieurs leviers. Adaptées au secteur médico-social, nos offres sont modulaires et intègrent différentes briques que l’on peut actionner individuellement ou assembler selon les des besoins et le niveau de maturité de chaque établissement, afin de proposer des solutions sur mesure et d’accompagner les projets de bout en bout, en garantissant un haut niveau de qualité à chaque étape clé.

Comment répondre à la nécessité de connaître les consommations énergétiques, également demandée par le décret tertiaire ?

Cyril Tomezyk : Il est en effet important de comprendre les postes de consommation pour agir efficacement. C’est pour cela que nous avons créé la plateforme Semlink, permettant de suivre les consommations en continu, d’identifier les dérives et de construire des tableaux de bord. Accessible à faible coût initial, elle offre une première vision et s’adresse surtout aux directions expérimentées, capables d’être autonomes sur l’optimisation énergétique.

Maxence Chevalier : La lecture de consommation par type d’énergie et selon les profils d’occupation est aujourd’hui indispensable pour répondre aux exigences du décret tertiaire. Il s’agit d’une première étape, essentiellement déclarative, qui permet de suivre en continu la performance énergétique des bâtiments. Pour aller plus loin, nous nous appuyons sur le savoir-faire et les outils développés par le pôle Semlink, afin d’affiner l’optimisation énergétique grâce à des données de terrain plus fines et plus précises. Par ailleurs, le décret BACS impose la mise en place de systèmes de pilotage énergétique, avec des échéances proches : 2025 pour les installations supérieures à 290 kW, et 2030 au-delà de 70 kW. Contrairement au décret tertiaire, il s’agit donc ici d’une obligation de moyens, concomitante avec les exigences de résultats du décret tertiaire. Semlink s’inscrit pleinement dans cette logique. La digitalisation contribue également à pérenniser les gains : sans suivi, les dérives réapparaissent rapidement. Mais là aussi, la qualité de conception reste déterminante : un système mal conçu peut entraîner des contre-performances, voire un effet rebond.

Le mot de la fin ?

Cyril Tomezyk : Pour être optimale, une démarche de management énergétique nécessite un minimum d’équipement. Dans certains cas, des travaux sont indispensables, mais ils permettent de générer des économies pouvant atteindre 30 %. Tout dépend du point de départ : certains établissements nécessitent un accompagnement complet, d’autres uniquement une optimisation ciblée. Notre rôle est de proposer la stratégie la plus adaptée à chaque situation. Lorsque des travaux sont nécessaires, le choix des partenaires est également déterminant car la qualité de leur prestation impacte directement les résultats. En tant que bureau d’études, nous apportons là aussi un regard impartial et structurant. Notre accompagnement global permet aux directions de se concentrer sur leur cœur de métier, tout en sécurisant leurs enjeux énergétiques dans un contexte particulièrement exigeant. Dans la conjoncture actuelle, le sujet est devenu critique.

> Article paru dans Ehpadia #43, édition d'avril 2026, à lire ici   


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